« Sur cette page, vous découvrirez des témoignages d’aînés.es inspirants.es; d’aînés.es qui sont la preuve qu’on peut être «vieux» et heureux ! J’espère que la lecture de ces textes saura vous inspirer et vous apporter des idées afin de vivre une vieillesse épanouie. De nouveaux témoignages seront publiés chaque semaine!

Je tiens à remercier chaleureusement la Fondation Institut de gériatrie de Montréal pour sa collaboration; sans elle, ce projet ne serait pas possible. Et surtout, merci à vous tous de me suivre dans ce projet rassembleur afin de mettre les aînés en lumière. »

– Janette Bertrand

Pour participer au projet 


Claude (présenté par Nathalie)
« Ne jamais renoncer à ses rêves »

« Il y a à peine 1 an, mon père m’annonce au téléphone qu’il a un grand projet dont il veut me parler, mais qu’il veut le faire en personne la prochaine fois que l’on se verrait.  Comme j’habite à Vancouver on ne se voit quelques fois seulement par année, mais on se parle au téléphone à tous les soirs. Discutant avec mon frère, je suis certaine qu’il veut nous annoncer qu’il s’est décidé de vendre la maison familiale qu’il habite depuis plus de 45 ans pour aller en résidence pour personne âgée. Je commence donc à essayer à voir comment je vais venir l’aider pour cette grande transition de vie. Ah oui ! J’oubliais de préciser que mon père a 80 ans à ce moment-là et qu’il vit seul dans sa maison depuis plus de 10 ans et qu’il continue de l’entretenir par lui-même. Il coupe son gazon, entretient son jardin, passe sa souffleuse, monte son abri à neige…

Un mois plus tard, lors de mon passage à Montréal, je m’attends à la grande annonce. Je lui dis donc : « Tu as finalement décidé de vendre la maison ? » Réponse spontanée : « Es-tu folle ? Je suis ben trop bien chez nous ! ». Et le grand projet alors ? « Je veux aller marcher Compostelle ! » Quoi ?? Je sais que c’est un de ses rêves depuis de nombreuses années, il assiste souvent à des conférences et a lu plusieurs livres à ce sujet.  Il voyage encore souvent en groupe, mais Compostelle lui a toujours semblé un grand rêve difficile à réaliser. Il me raconte alors que, lors de son séjour en France quelques mois auparavant, son guide lui a parlé d’une version modifiée de Compostelle avec transport en autobus pour certaines sections. Tout-à-coup, son rêve semble accessible.

Il reste cependant encore quelques obstacles à surmonter, l’organisation du voyage pour se rendre en France et surtout, le plus difficile de la préparation : s’entrainer ! Avec son auto, il calcule ses trajets en km pour avoir une meilleure idée des distances. À partir de Pâques, il se crée, par lui-même, une progression pour pouvoir se rendre en France et vivre cette merveilleuse expérience. Il marche 2 à 3 fois par jour entre 1 heure et 2 heures à chaque fois. Il est alors âgé de 81 ans.

C’est à la suite de beaucoup de détermination et de persévérance qu’il se rend finalement à Lyon en octobre 2023 pour prendre part à ce grand pèlerinage. Pas aussi facile qu’il ne le croyait (le Québec ne compte pas beaucoup de grande montée !), mais il s’acclimate à son groupe de « français » dans lequel il est déclaré le doyen et devient rapidement la « mascotte », de façon très bienveillante. Lorsque les trajets sont trop difficiles, il se rend à la fin de la randonnée et rattrape les autres en sens inverse. Ce voyage inclut aussi plusieurs visites de monuments et lieux historiques et religieux. Le tout se termine à St-Jacques-de-Compostelle par une grande messe de célébration. Un très grand accomplissement pour une personne de 81 ans!

Sa persévérance, sa résilience et son optimisme font de cet homme un héros. Ne jamais abandonner ses rêves est l’un de messages les plus inspirants que Claude peut transmettre à toutes les personnes autour de lui. C’est un excellent modèle pour sa famille et ses amis ! »


Claudia (présentée par sa fille Roxanne)
« Mon mentor, mon phare, mon amie »

« Ma mère et moi avons tissé un lien extraordinaire au fil des années et je suis reconnaissante de l’avoir encore avec moi. Je suis toujours là pour elle comme elle est toujours là pour moi. Nous avons la chance d’habiter tout près l’une de l’autre et nous nous voyons souvent.

Mes premiers pas dans le monde de la publicité, des communications puis de la philanthropie, je les ai faits grâce à ma mère. Je tiens d’elle sa force d’aller au-delà des difficultés, de chercher des solutions, d’être à l’affût de l’actualité et de contribuer au mieux-être de notre société. Inspirante boule de feu, elle a aidé plusieurs personnes à s’épanouir professionnellement et personnellement.

Après un divorce difficile et lors duquel elle a presque tout perdu, ma mère s’est retrouvée sur le
bien-être social pour quelques mois. Puis elle a entrepris des études universitaires qui lui ont ouvert les portes des relations publiques, à une époque où la majorité des femmes étaient encore considérées comme des femmes au foyer avant tout. À peu près au même moment elle a travaillé en qualité d’interprète aux enquêtes spéciales à Immigration Canada. Elle a aussi été journaliste et conférencière.

À ses débuts, comme directrice des relations publiques de l’Hôtel Bonaventure, nous vivions dans un petit trois et demi. Ma mère et ma soeur partageaient le lit double et moi je dormais au pied du lit, sur un matelas mousse. Nous avions peu, mais nous n’avons manqué de rien. Avec une seule garde-robe pour nous trois, la première levée était souvent la mieux habillée, haha ! Ma grand-mère qui était nanny dans une famille la semaine n’avait plus de toit depuis sa séparation. Elle venait souvent s’ajouter à notre trio les fins de semaine et dormait sur le divan. Elle avait aussi cette confiance en l’avenir, cette force, cette résilience et beaucoup de gratitude.

Puis ma mère a vite été reconnue pour son expertise. Ses compétences ont été mises à profit dans plusieurs entreprises prestigieuses puis dans des causes humanitaires qui lui tenaient à coeur. Elle a réussi à recueillir quelques millions de dollars pour des organismes comme la Société canadienne du cancer, l’Hôpital Fleury, la Fondation médicale des Laurentides, Le Chaînon, Les Petits Frères, La fondation des Grands Ballets Canadiens. Passionnée par son métier, elle a poursuivi sa carrière en philanthropie jusqu’à l’âge de 76 ans, comme directrice du financement de la fondation de l’Ordre des ingénieurs du Québec.

Ma mère est aussi une couturière et une cuisinière accomplie. Ses mets sont dignes de grands chefs et elle reçoit avec élégance. Je l’admire de toujours se préparer de bons repas malgré qu’elle vive seule depuis longtemps. Je crois que l’effervescence du monde du travail et les nombreux événements qu’elle organisait et auxquels elle assistait lui manquent, mais jamais elle ne se plaint. Elle continue à prendre soin d’elle et à parfaire ses connaissances sur une foule de sujets. Elle continue à grandir spirituellement et à offrir de son temps à des organismes comme l’IPA (International Police Association), dont elle est membre honoraire. Elle travaille même quelques heures encore par semaine comme surveillante dans une école. Elle adore être en contact avec les jeunes étudiants.

Passionnée par la vie et tout ce qu’elle peut lui offrir, ma mère m’a transmis la passion des voyages, de l’histoire, de la culture et des arts. Elle m’inspire par son courage, sa persévérance, sa dignité, sa bienveillance et ses connaissances. »


Lisette (présentée par Nathalie)
« La détermination et l’amour de la vie »

« Ma mère est une femme immensément inspirante. Elle a vécu une vie active et heureuse malgré le fait qu’elle soit devenue paraplégique à 10 ans à cause de la poliomyélite. Elle a toujours gardé une attitude positive et a fait preuve d’une grande débrouillardise pour être le plus autonome possible. Sa devise: « Un problème? Une solution! ». On blague en disant qu’on va l’inscrire sur sa pierre tombale!

Elle a rencontré mon père en 1967 et ils sont toujours amoureux 57 ans plus tard. Quand ma mère parle de « son Georges », on sent sa tendresse et toute sa reconnaissance pour la gentillesse dont il fait preuve à son égard. Même s’ils sont très différents, elle a un profond respect pour l’homme qu’il est et elle ne cherche pas à le changer. C’est une chose que peu de gens savent faire…on devrait s’en inspirer!

Elle a été enseignante au secondaire, puis aux adultes. Je suis certaine que sa joie de vivre communicative se rendait jusqu’aux élèves.

Elle a eu deux enfants: il a fallu que je sois mère à mon tour pour bien saisir les défis supplémentaires de la conciliation « famille-béquilles »! Elle a été une maman disponible, ouverte, aimante et chaleureuse.

À 44 ans, elle a réalisé son rêve de jeunesse et est retournée aux études pour devenir psychologue. Elle a terminé à 53 ans, obtenant son diplôme la même année que ses deux enfants! C’était une étudiante curieuse et passionnée qui n’hésitait pas à poser des questions en classe. Ce parcours est exceptionnel.

Elle a travaillé avec passion sans jamais envisager la retraite. Elle rencontrait ses clients avec un vrai amour de l’humain devant elle, une grande curiosité pour l’autre: ce sont ces qualités qui la rendent si attachante. Comme je suis médecin dans la même ville qu’elle, nous avons eu quelques clients en commun et j’ai pu savoir à quel point elle était appréciée… ça me rendait très fière! On sentait chez elle le profond désir de comprendre, d’aider.

Malheureusement, à 70 ans, un cancer du sein l’a amenée à devoir prendre une pause pour prendre soin d’elle. Les circonstances l’ont amenée à prendre sa retraite, à son grand regret. N’eut été de cette maladie, nul doute qu’elle aurait continué jusqu’à un âge encore plus avancé.

Durant cette maladie, elle a encore une fois fait preuve de beaucoup d’autonomie. Son cancer lui donnait 50% de chance de survie à 5 ans. Si elle ajoutait une chimiothérapie, elle augmentait ses chances à 65%.

Sa réflexion fut la suivante : « J’ai 70 ans et je considère que j’ai eu une belle vie, dont je suis fière. Je ne tiens pas à vivre le plus longtemps possible, à n’importe quelle condition. Malgré les limitations dues à mon handicap, j’ai la chance d’avoir une excellente énergie vitale, et je tiens à la préserver. Je ne désire pas passer 6 mois ou plus à être affaiblie pour augmenter mes chances de survie. Je préfère préserver mon énergie et espérer que tout ira bien malgré mon refus de chimiothérapie préventive. »

J’ai eu beaucoup de respect pour cette attitude, tout à fait conforme aux valeurs que je lui connais. Étant médecin, je sais combien cette façon de penser est rare. Beaucoup de personnes se sentent obligées de suivre tous les traitements proposés et mesurent mal les effets secondaires auxquels ils s’exposent. Peu de personnes âgées réalisent qu’une espérance de vie plus longue n’est pas toujours souhaitable, et peu osent envisager la mort avec une telle sérénité.

Mais 10 ans plus tard, Maman est toujours avec nous : elle aura 80 ans dans quelques jours.

Depuis quelques années, elle a dû faire le deuil de ses béquilles et de la station debout : elle est maintenant en fauteuil roulant, ce qui est nettement plus compliqué. Comme elle le dit : « C’est là que je suis devenue une vraie handicapée »! Ça la limite pour plusieurs sorties et lui occasionne bien des frustrations. Malgré tout, elle s’est adaptée à sa réalité avec philosophie et continue de regarder le bon côté des choses : sa bonne santé et le fait de n’avoir « mal nulle part! », son autonomie (elle conduit encore sa voiture adaptée, elle sort avec ses sœurs et avec ses deux « gang de femmes ») et l’amour de son Georges, de ses deux enfants et de ses 7 petits-enfants.

Encore aujourd’hui, elle trouve qu’elle a une belle vie et on le sent dans son beau sourire. Combien de fois des gens lui disent qu’elle est belle! Quand elle sort au magasin, il n’est pas rare que des inconnus l’abordent et finissent par lui raconter leur vie : ça la surprend toujours, mais je sais que c’est parce que les gens sentent qu’elle s’intéresse à eux…elle a un petit quelque chose de Janette! Maman adopte envers les gens une attitude d’abord ouverte et confiante : je crois que ça se sent. Elle trouve d’ailleurs que les gens sont aidants avec elle : elle trouve toujours un bon samaritain sur sa route si elle a besoin de quelque chose.

Nous espérons garder encore longtemps avec nous notre belle Lisette mais peu importe ce que l’avenir lui réserve, elle aura par son exemple semé en nous des réflexions et des qualités qui nous aident nous aussi à voir la vie du bon côté.

Elle saura en inspirer d’autres! »


Rita (présentée par Johanne)
« Embrasser la vie »

« J’aimerais rendre un hommage spécial à une personne extraordinaire, ma mère, qui atteindra l’âge de 100 ans le 29 juillet prochain et qui a une vivacité d’esprit incroyable. Je suis réellement honorée d’avoir la chance de célébrer la vie de ma mère, une personne dont la sagesse, l’intelligence et l’énergie continent de m’inspirer et de toucher le coeur de tous ceux qui l’entourent.

Elle vit dans une RPA (résidence privée pour aînés) seule et autonome dans son logement et son plus grand désir est d’y demeurer jusqu’à la fin de ses jours.

Ma mère est un modèle de persévérance et de passion. Son amour pour l’apprentissage, sa curiosité sans fin et son esprit vit ont fait d’elle une source inépuisable d’inspiration pour tous ceux qui ont eu la chance de la connaître. Même à l’âge de 99 ans, elle continue à embrasser la vie avec une joie et une positivité débordantes. Malgré une dégénérescence de la vue, elle est toujours en contact avec ses 7 enfants (6 vivants), 15 petits-enfants (13 vivants) et 21 arrières petits-enfants, soit par téléphone, courriel, Facebook ou Messenger.

Sa mémoire est une véritable encyclopédie vivante. Elle se souvient d’histoires de sa jeunesse comme si elles s’étaient déroulées la veille, et sait captiver son auditoire avec des récits détaillés de moments historiques. Sa capacité à partager ses expériences avec une telle clarté et vivacité fait d’elle une véritable bibliothèque ambulante et une source inépuisable de connaissances.

Ma mère a également été un pilier de la famille. Elle a toujours été là pour apporter son soutien, donner des conseils judicieux et rassembler tous les membres de la famille. Sa présence rayonnante et son attitude bienveillante ont touché la vie de nombreuses personnes, jeunes et moins jeunes!

Aujourd’hui, je suis heureuse de rendre hommage à ma mère pour son amour, sa longévité et pour son esprit éclatant qui illumine notre monde. Nous sommes privilégiés de partager notre vie avec elle et nous espérons que son exemple continuera de nous guider dans les années à venir. »


Christiane (présentée par Bernard)
« Transmettre le don de l’amour et du partage »

« Christiane est ma conjointe depuis plus de 50 ans. Nous avons eu 2 enfants et avons 3 petits-enfants. Je la connais donc assez bien. Ma conjointe est réellement une grande source d’inspiration en ce qui concerne la résilience et le pardon, sous toutes ses formes. Rarement j’ai vu dans ma vie, une personne qui aime aider les autres sans rien demander en retour et qui a « élevé-éduqué » ses enfants avec un amour inconditionnel. Des fois, ça me surpassait de la voir s’occuper d’eux et de leur transmettre le don de l’amour et du partage.

Toujours souriante et lorsqu’elle travaillait comme secrétaire administrative, c’est pas possible les compliments que ses directeurs lui faisaient concernant son travail et sa présence aussi. J’ai déjà travaillé avec elle et c’était impressionnant de la voir accueillir les parents, les enfants et le personnel de son école. Quand ses directeurs s’absentaient, ceux-ci partaient la tête reposée dû à son engagement professionnel. Toujours calme et prête à rendre service, ma conjointe est un modèle pour bien des gens qui ne prennent pas le temps de bien vivre leur vie. Sans elle d’ailleurs, je ne suis pas certain si ma vie aurait été exceptionnelle comme elle l’a été jusqu’à maintenant.

Je me souviens d’un moment de maladie assez grave où elle a pris soin de moi comme si j’étais la seule personne au monde, tout en prenant soin de notre famille. 

Ma conjointe est une grande lectrice et je crois qu’elle retient tout ce qui est extraordinaire dans ses lectures pour les appliquer dans sa vie personnelle. Elle est l’aînée d’une famille de sept enfants et c’est elle qui organisait tout lors des événements spéciaux. Je la regarde encore aujourd’hui et je me dis que cette femme a des dons exceptionnels pour être encore ce qu’elle est. Toujours de bonne humeur et toujours prête à aider. Je pense aussi que sa manière d’être calme (certains diront qu’elle est un peu timide), sereine et joyeuse, fait de cette personne un beau modèle pour les gens âgés et les jeunes aussi. Faut la voir danser encore, chanter avec moi et m’appuyer dans tous mes projets pour comprendre qu’elle est exceptionnelle. Lorsque je vais chanter dans les CHSLD et les RPA, elle s’occupe des personnes présentes comme si elle les connaissait, les fait danser, bouger et sourire aussi!

Elle est aussi un modèle de ténacité, de persévérance et surtout de grande résilience. On ne peut que l’aimer et se sentir bien auprès d’elle. »


Bernard (présenté par lui-même)
« S’approprier la vie et aller vers l’avant »

« Je crois que je pourrais être une sorte de modèle pour les jeunes et aussi pour les gens de tout âge.

Je suis un enseignant de formation et je continue encore à faire de la suppléance et j’aime beaucoup côtoyer les jeunes. Ils me respectent malgré mon âge et je réussis encore à les intéresser avec mes histoires. Pour eux, je suis « cool ».

En 2008, j’ai malheureusement attrapé un mauvais virus qui m’a jeté par terre. J’ai fait 3 infarctus, vécu l’expérience de la mort imminente, combattu 3 cancers en plus de bien d’autres problèmes comme le zona par exemple. J’ai maintenant un défibrillateur qui me permet de continuer à aimer la vie et de donner encore de mon temps dans l’enseignement pour aider à la pénurie. Les jeunes me disent que je suis encore « jeune » pour mon âge, sans connaître mes problèmes médicaux. Je suis bien content! En plus de l’enseignement, je suis fanatique de musique. En 2008, j’ai dit à mon cardiologue que si je guéris de cette foutue maladie, je donnerai au suivant en allant chanter dans les CHSLD et les RPA. Je le fais depuis 2017 et vraiment, à chaque prestation musicale, je ressens que du bonheur en constatant la joie que les gens de ces résidences ont en chantant avec moi, en dansant (s’ils le peuvent) et surtout, de voir sur leurs visages des sourires de bonheur. Ce projet que ma conjointe partage avec moi, est pour moi un grand bien d’avoir l’opportunité de rencontrer des personnes qui, malgré leurs maladies, ont encore le goût de vivre et la musique les aide beaucoup en ce sens. Dans une résidence de fin de vie, j’ai chanté « Love Me Tender » à un patient sur son lit qui a fait de gros efforts pour chanter avec moi. C’était sa chanson préférée. Malheureusement, il s’est éteint la nuit suivante et ça m’a bouleversé. La préposée m’a dit qu’il est parti en entendant sa chanson préférée.

En plus de l’enseignement et mes prestations musicales, j’ai suivi le conseil de Madame Bertrand en écrivant, jusqu’à maintenant, 2 manuscrits. La premier, « À l’ombre des Dieux », est comme un suivi de ma maladie avec mes nouvelles croyances et le deuxième, « L’équilibre naturel de la vie », est une réflexion personnelle sur le monde d’aujourd’hui. Le premier est disponible en version numérique et le deuxième le sera bientôt dans les bibliothèques municipales de plusieurs régions. Celui-ci sera gratuit. Je suis à travailler mon troisième qui sera une légende. Bon, j’arrête de me vanter avec mes livres! J’espère que ce que je vis présentement à tous les jours de ma nouvelle vie, saura influencer des personnes qui ont vécu la maladie ou de graves problèmes. La vie est toujours là, suffit de se l’approprier et aller vers l’avant. Madame Bertrand est un modèle pour moi et elle a raison de dire que les hommes changent pour le mieux; j’en suis peut-être un ! »


Pauline (présentée par Francine)
« Affronter la vie avec ouverture »

« En quoi ma mère se distingue des autres femmes de 96 ans? Pour nous, notre mère est un modèle dont nous sommes fiers.

Vieillir est un privilège pour elle, et elle est reconnaissante d’être toujours de ce monde. Elle trouve son bonheur dans les petites choses simples du quotidien, elle vit simplement. À travers les différents défis de la vieillesse, elle apprend que l’attitude positive fait une énorme différence dans sa vie.

Elle réfléchit beaucoup sur ce qu’elle souhaite laisser aux autres comme empreinte, comme mémoire. Elle a une soif, un désir de toujours apprendre davantage, de rester au courant. Mon nom est Francine, je suis la deuxième d’une famille de 6 enfants. Ma mère est âgée de 96 ans et est veuve depuis 12 ans. Mes frères et sœurs ont entre 55 et 71 ans. Ma mère compte 11 petits-enfants et 6 arrière-petits-enfants. Son époux, un homme peu scolarisé, a été un homme d’affaires prospère dans le domaine de l’épicerie et plus tard dans le domaine des meubles usagés et de l’immobilier. A la fin de sa vie, il a même acheté une fermette pour revenir à la terre.

Ma mère s’occupait de la maison, des enfants et de la comptabilité des entreprises familiales. La maison étaient toujours remplie de gens. Elle a hébergé 2 de ses sœurs et un de ses frères puisque leur travail se trouvait près de notre maison.

En travaillant beaucoup, la famille a pu se permettre de voyager souvent. Ce qui était peu coutume à cette époque. Imaginez, une famille partir à Haïti dans les années 75? Je vais vous raconter une anecdote de voyage. Il y a environ 25 ans, nous allions en Floride quelques membres de la famille. Rendus aux rayons X de l’aéroport, elle sonnait constamment. Et bien ma mère avait caché des médailles de St-Joseph dans son soutien-gorge pour se protéger du voyagement. Alors imaginez la confusion et la gêne des douaniers qui lui demandaient de fouiller dans son soutien-gorge pour sortir ses protecteurs et vérifier le tout.

À la suite d’un infarctus où elle a été hospitalisée et soignée, sa santé ne lui permettait plus d’être seule à la maison. Sur son lit d’hôpital, elle a même reçu l’extrême onction car le médecin nous a informés qui lui restait seulement 72 heures à vivre et si on avait des documents légaux à clore, c’était le temps de le faire. Un soir en la veillant sur son lit d’hôpital et avec une faible voix, elle nous a demandé de préparer ses funérailles : c’est-à-dire, elle a choisi ses 5 chansons lors de la messe et elle a fermé les yeux pour se reposer. Nous pensions que c’était la fin…tout en douceur… Elle a dormi un long moment. Ensuite, ses yeux se sont ouverts, elle a eu une rencontre sérieuse avec le médecin et après la rencontre, elle a repris des forces de jours en jours. Elle est revenue à la vie, comme si elle n’était pas prête à mourir. Par la suite, elle n’a jamais cessé de nous impressionner avec ce gout de vivre. Une force tranquille qui nous ébloui sans cesse!

Aujourd’hui, elle demeure dans une RPA, et ce depuis 15 ans. Dans son quotidien, ma mère déménage de loyer en loyer, de RPA en RPA. Parfois elle change d’étage, parfois carrément de résidence. Parce qu’elle aime énormément le changement et surtout, elle aime changer d’environnement. Elle dit à la blague : déménager, c’est la vie! Les déménagements la stimulent et lui permettent de vivre dans un autre contexte, un autre ‘’décor’’. Mais c’est aussi un moment privilégié où sa famille se rassemble et lui accorde son attention car soyons honnêtes, c’est toute une aventure déménager, peu importe son âge. D’une certaine façon, avec beaucoup de philosophie, on se dit que ça lui permet d’épurer ses biens matériels à chaque occasion.

Son cercle d’amis est restreint. Elle prend un repas par jour à la cuisine du RPA pour socialiser avec les autres occupants et les 2 autres repas de la journée, elle les prend dans son loyer parce qu’elle cuisine encore beaucoup. Elle nous transmet ses recettes et partage ses connaissances avec ses proches. Elle participe encore aux corvées de pâtés à la viande pendant le temps des Fêtes, en nous expliquant que la mesure de sel, c’est le creux de la main et non une cuillère à table. Mais c’est ça la cuisine de cette époque. On est chanceux qu’elle soit encore là pour nous la partager.  Et mon frère le plus vieux nous dit à chaque fois à quel point sa mère fait les meilleurs pâtés du monde. La nourriture d’une mère!

Elle est très soignée et s’habille avec goût. Elle a un coup de cœur pour le lilas.  Elle tricotte toujours et fait de la couture; par exemple les bords des pantalons de ses enfants et de ses gendres.  Elle est stimulée intellectuellement car elle lit et fait des mots mystères. Elle s’inspire de pensées positives et croit aux anges et quand elle a besoin de réconfort ou de présence, elle nous dit : « je pensais justement à toi et tu m’appelles! C’est beau comme la vie est bien faite! Parce que j’ai quelque chose à te demander et tu m’apparais ! »

Sa petite routine commence par le programme PAIR, un service d’appels qui joint les aînés et les personnes vivant seules, à tous les jours à heure fixe, pour s’assurer de leur bon état de santé. Ensuite, puisqu’elle est très croyante et qu’elle a la foi, elle regarde la messe à la télévision. Elle prie pour ses proches. Elle prépare son petit déjeuner et son éternel café, elle regarde à tous les jours l’émission « LA VICTOIRE DE L’AMOUR » qui la motive et la rend heureuse. Elle aime partager avec nous sur cette émission qui donne un sens à sa journée.

A 96 ans, elle va sur internet, regarde et écoute beaucoup les vidéos sur YouTube. En après-midi, elle écoute de la musique, surtout dans la catégorie « Western et Country » et elle connait beaucoup d’artistes et fredonne énormément les paroles de ces artistes.

À toutes les semaines, elle programme une sortie avec tous ses enfants, souvent le mercredi dans un bon café du coin, où elle passe toute l’après-midi avec eux en discutant de sa semaine. C’est tout un tour de force mais elle a réussi à en faire un rendez-vous hebdomadaire dans l’agenda de toute la famille. D’ailleurs, nos cousins/cousines sont inspirés de cette initiative et réfléchissent à faire une telle activité avec leurs parents. Une fois par semaine, elle prend l’autobus du RPA et va magasiner pendant 2 heures; elle marche d’un pas lent, mais tout de même convainquant, aidée de sa canne. Mais le plus impressionnant, qui nous épate tous, c’est qu’elle a réussi à garder la communication et se garder informée auprès de ses petits-enfants et arrière-petits-enfants grâce aux médias sociaux. Elle est capable de faire un appel « FACE TIME » ou un « MESSENGER vidéo » avec les gens qu’elle aime! Aux anniversaires des petits-enfants, elle leur écrit un message pour leur souhaiter un bon anniversaire. Elle connaît même la fonction clip vocal. Elle les suit lorsqu’ils sont en voyage. Ma mère communique régulièrement avec un de mes frères qui demeure à Vancouver.

Elle est vraiment épatante. Et oui, à 96 ans elle réussit à faire plusieurs choses sur internet, excepté, payer ses comptes. Mais là encore, nous croyons que c’est pour continuer d’entretenir des liens de dépendances avec ses enfants car elle pourrait très bien l’apprendre. On en est convaincu. Elle est très autonome et elle arrive à programmer des émissions et à les regarder plus tard. La technologie ne lui fait pas peur! Ma mère a une oreille musicale incroyable! Elle a appris seule à jouer de l’accordéon et du piano. Longtemps, nos soirées familiales étaient remplies de chansons et on se rassemblait autour du piano pour chanter. Encore aujourd’hui, on chante pendant qu’elle joue : un coin du ciel, ma mère chantait toujours.  À la RPA, elle accompagne les chanteurs lors des activités mais ça lui créé un stress.

Ma mère est née dans les années 20, a vécu la seconde-guerre mondiale, la révolution tranquille, le droit de vote aux femmes au Québec, l’émancipation de la femme, le contrôle de la religion catholique, le Rock’n Roll, et j’en passe! Elle fait partie des femmes qui ont bâti le Québec d’aujourd’hui, et je suis fière de ce qu’elle est devenue car même aujourd’hui, elle affronte chaque étape de la vie contemporaine avec autant d’ouverture et de désir d’apprendre que tout au long de sa vie. »


Bill (présenté par Daniel)
« Être actif à tout âge »

« Bill a 91 ou 92 ans. Imaginez…il est notre coéquipier au hockey dans une ligue senior. Il a toujours un bon coup de patin et un bon sens du hockey.

Ajoutez à cela que Bill est un skieur régulier sur les pentes du Mont-Tremblant. Et probablement le plus âgé. Bill a même fait la première page de notre journal local.
Il demeure actif en toute saison.

Bill prend soin de lui. Bonne alimentation et vie sociale active. Il se garde en forme et est déterminé à demeurer actif, alerte et autonome.

Il prend aussi toujours soin de sa famille. L’année passée, nous avons eu la joie de jouer une partie avec un alignement familial: Bill, son fils et son petit-fils.

Quand j’ai soumis l’idée de soumettre sa candidature en consultant Bill et des joueurs de notre équipe tous les joueurs ont spontanément dit que Bill serait un candidat de grande qualité.

Bill est une personne fière et enthousiaste à l’idée de partager son mode et ses habitudes de vie avec tous, si cela peut aider et motiver des personnes âgées à demeurer actives et à maintenir un réseau social qui évite l’isolement.

En terminant, Bill est un modèle pour chaque joueur de notre ligue de hockey senior. Et sûrement un modèle pour tous ceux qu’il côtoie. »


Nicole (présentée par Stéphane et François)
« La passion d’aider les autres »

« Nicole, c’est notre mère à mon frère Stéphane et à moi. Il nous est très difficile de vous dire pourquoi cette dame est un modèle: il y a beaucoup trop de choses qu’elle fait. Il serait moins long de vous dire ce qu’elle ne fait pas! Notre mère n’est pas à attendre chez elle que le temps passe. Elle souhaite voir les gens, faire une différence, aider partout où ça lui est possible. Comment est-ce que tout ceci se concrétise?

Quand nous étions petits, notre mère s’impliquait déjà avec nos activités scolaires. Qui faisait des petits gâteaux (avant même qu’on appelle la gâterie des cupcakes) décorés pour souligner les anniversaires des élèves de la classe? C’était bien Nicole. Je vais passer rapidement sur ces années où elle a accompagné deux garçons à devenir des adultes dans son Jonquière natal. Dans les derniers mois, Nicole a été nommée la bénévole de l’année pour l’organisation avec laquelle elle s’implique.

Suite à sa «retraite» (les guillemets parce que ça ne l’a pas arrêtée!), Nicole a pu aider à quelques endroits pour dépanner, pour permettre à des personnes de prendre des vacances ou juste de s’absenter. On lui offrait des postes, mais elle déclinait. Elle prenait soin de notre grand-mère Fleurette à ce moment. Et elle s’en est occupée jusqu’à son décès à l’âge de 93 ans en 2013. Elle s’occupait bien d’elle, mais elle se montrait aussi disponible pour aider, de près ou de loin, ses trois petits-enfants, Jérôme, Justine et Ophélie. De près (à Saguenay) ou de loin (à Montréal), elle était toujours disposée à venir s’occuper d’eux, à les nourrir et à les accompagner à leurs activités. Elle est venue porter assistance à son fils François à pied levé quand il y a eu une grève des CPE pour s’occuper de sa petite Ophélie. Aujourd’hui, deux des trois petits-enfants entrent dans la vie d’adulte, mais ils passent toujours voir leur mamie Nicole et ils gardent contact avec elle. Pour la petite dernière, elle vient souvent passer du temps avec sa «mamie oui oui» qui la gâte tant. C’est vrai, il y a bien des grands-mamans prêtes à s’impliquer pour aider leurs enfants. Mais ajoutez à ça tout le reste…

Aujourd’hui, trouver un endroit dans l’horaire de notre mère, c’est devenu du sport! Elle a un agenda de Première Ministre! Accompagner Mme Unetelle à Chicoutimi pour des prises de sang, accompagner M. Untel pour son épicerie tout en donnant des nouvelles à la soeur de Mme Unetelle qui se demandait bien ce qui se passait. Elle se souvient de tout, et elle garde tout ça dans son précieux téléphone qui lui montre ses rendez-vous. François lui a montré comment utiliser l’agenda de son téléphone, une fois. Depuis, elle tient tout ça à jour et elle sait comment ça marche, cette petit bête-là! Bon, elle ne fait pas (encore?) de capsule TikTok…

Ce dévouement aux autres, ce don de soi, elle en a fait preuve toute notre vie. Disponible pour quiconque, elle accepte de «donner un lift» bien sûr, mais peu importe l’heure du jour ou de la nuit, jamais personne ne ressent l’impression de la déranger, une pointe d’exaspération. Au contraire, elle est toujours accueillante, disponible et elle pousse la machine jusqu’à offrir aux gens qu’elle supporte ces petites attentions qui font toute la différence: un rappel de contacter l’hôpital à telle date, passer chercher telle gâterie parce que la personne adore et qu’il n’y en a pas souvent de disponible, un petit appel/une petite visite de courtoisie pour voir comment ça se passe depuis leur dernière rencontre…
Nous sommes ses fils, et nous sommes parfois essoufflés à la voir aller!

Et voici le texte qui a été utilisé pour souligner son implication au souper reconnaissance des bénévoles d’Aînés JAK, l’organisme pour lequel elle oeuvre dans le transport de patients à l’hôpital, qui nous a été transmis par Mme Annie Hovington, la directrice générale de l’organisation Centre communautaire les Aînés de Jonquière:

« Ce soir, j’ai l’immense plaisir de vous présenter notre bénévole de l’année 2022-2023.

Ses premières expériences datent de son tout jeune âge de 12 ans, où elle s’occupait avec son frère de la distribution de paniers de Noël aux Chevaliers de Colomb. Cet engouement d’aider les gens dans le besoin l’a emmenée à poursuivre cette mission à l’intérieur de son emploi qu’elle a occupé pendant 37 ans au CÉGEP de Jonquière.

Aider les jeunes étudiants, les jeunes mamans aux études était très motivant afin d’éviter le décrochage scolaire.

Notre bénévole a été proche aidante de sa mère pendant 17 ans. Celle-ci demeurait chez elle et elle l’emmenait souvent rencontrer ses amies dans les résidences pour personnes âgées. Encore une fois, le don de soi resurgit et notre bénévole offre de son temps pour faire leurs commissions ou tout simplement les emmener à faire des visites d’amitiés entre elles.

Lorsque sa mère fut décédée, elle décida de s’investir auprès d’un couple en quête d’aide pour demeurer dans leur maison le plus longtemps possible. Pendant plusieurs années, notre bénévole honorera sa promesse et les accompagna dans le support aux activités de la vie quotidienne et domestique.

C’est par l’entremise de ces personnes que notre bénévole prit connaissance de notre organisation et commença à faire des transports médicaux et accompagnements pour commissions.

À notre grand enchantement, nous allions accueillir une femme de cœur, toujours disponible, généreuse de son temps, pleine de compassion envers ses bénéficiaires et qui souvent prend même le temps de les visiter à l’hôpital.

Soucieuse de la réalité des aînés pour qu’ils puissent vieillir avec dignité, elle contribue à donner du bonheur au quotidien à ces nombreux depuis maintenant 5 ans. »

Nicole Larouche est une femme qui n’a d’autre passion dévorante dans la vie que d’aider les autres. »


Tony (présentée par Caroline)
« Une guerrière parmi les hommes »

« Je serai sans doute parti pris car, je vous parle de ma mère. Tony Langelier; son nom de travail qu’elle a depuis son départ de l’Université.

En 1970, de jeune femme timide, elle est devenue « une guerrière parmi les hommes ». Elle vient de sortir (une partie de) sa biographie qu’elle a nommée ainsi : « Tony, une guerrière parmi les hommes ». Un pan de la radio au Québec, préface de Gilles Proulx (ami de longue date). Elle raconte un peu sa vie, ses entreprises, ses diverses actions de promotions et ses difficultés à percer comme femme… d’où son prénom!

Journaliste, relationniste et plus tard publiciste et relations publiques pour son agence Média Plan Radio-Télé. Entre tout ça, elle sera directrice de CKVL pendant 15 ans.

Elle a organisé des centaines de conférences de presse, des centaines de promotions, des milliers de communiqués, par la suite, de nombreux commerciaux pour ses clients, tels que : Corbeil Électrique, en direct avec Frenchie Jarraud; 20 ans ! Les Lunetteries F. Faraht, et ses demandes parfois extravagantes; 28 ans ! Le Centre du cuir pour elle & lui (coin Mont-Royal/Papineau); 17 ans ! Vie de Velours avec Edouard Carpentier qu’elle a fait « revivre » dans ses commerciaux; 10 ans ! Pour ne nommer que ceux-là !

Elle a même fait une conférence de presse pour la Dre Anne Aslan (d’origine Roumaine), venue au Québec pour parler de gériatrie, alors que l’université était à faire ses premiers pas dans le domaine.

Pendant ses 15 années au sein des postes de radio CKVL et CKOI, elle fut directrice des promotions et des relations publiques. Des promotions, il y en avait !! Des voyages organisés avec des vedettes du moment à Frontier Town au Lac Georges, au Parc Safari, qui était plutôt novateur pour l’époque. Sans compter les 10 ans où CKVL et CKOI ont amené des centaines de Québécois.es en Floride avec leur agence de voyage Marco Polo avec des vedettes du temps (Serge Bélair, Frenchie Jarraud, Jean Faber, Gérard Vermette, Johnny Farago, Michèle Richard et bien d’autres), ainsi que des voyages à Rome, au Portugal, en Espagne… toujours avec des vedettes du temps. Elle organise aussi des événements… voyage de Brigitte Bardot pour les blancs manchons… aux funérailles d’Elvis Presley à Memphis… organise aussi les funérailles de certains de ses amis; Frenchie Jarraud, Edouard Carpentier, elle accompagne aussi, dans la mort, certains amis dont Jacques Norman, comédien; Maurice Côté, Chroniqueur au Journal de Montréal.

Elle a aussi été présidente du Chez nous des artistes pendant 8 ans (bénévolement). Femme journaliste dans l’Association. Secrétaire et rédactrice de l’APPATQ, secrétaire de plusieurs organismes; Tourisme Belge, Tourisme Français, Tunisie-Canada, Chevalier de Saint-Hubert et peintre ! Elle vient de publier un livre et elle fait ses propres relations publiques! Et son prochain projet est un livre d’art avec ses peintures (près de 2000 toiles faites ces 35 dernières années et le résumé de ses nombreux voyages).

Elle a le temps de faire tout cela… elle n’a que 85 ans !! Et elle m’impressionnera toujours! »


Françoise (présentée par Mélanie)
« Une vie si bien remplie »

« Ma mère, ce modèle, cette inspiration…

Je l’avoue, je ne sais pas par où commencer pour vous présenter ma maman âgée de 85 ans, elle qui a une vie si bien remplie! Bon, résumons son enfance… Françoise est le bébé d’une famille québécoise de 14 enfants, famille de cultivateurs établie à la campagne en banlieue de Québec. Attentive à tout ce que ses frères et soeurs dégagent, intelligente, elle développe rapidement un intérêt pour les études. Sa carrière d’enseignante débutera dans les années 50, affectée à une petite école de rang à St-Augustin-de-Desmaures. Pédagogue née, elle démontrera des talents créatifs afin de rendre les matières enseignées facilement assimilables pour ses élèves des deux premiers degrés du primaire.

À l’âge de vingt-six ans, elle sentira le désir d’aventures, de d’autres horizons. C’est alors qu’elle s’envolera vers la Bolivie où elle enseignera et sera même directrice d’une école maternelle. Un séjour missionnaire qui durera 10 ans. Elle en reviendra transformée par son expérience à l’étranger et sous le charme d’un québécois rencontré là-bas… C’est en 1975 que sera célébré leur mariage d’amour d’où naîtront deux filles, ma soeur et moi

Depuis toujours, notre mère a démontré une grande jovialité. Elle se démarque par son attention aux autres, son écoute, sa joie de vivre, son côté ludique, son optimisme face à la vie et de ses défis. Elle est généreuse et dévouée à diverses causes. D’ailleurs, sa carrière d’enseignante l’a menée vers l’éducation des adultes où elle a terminé sa carrière, enseignant plusieurs années, en alphabétisation, aux personnes adultes vivant avec un handicap physique et/ou mental.

Femme active, Françoise ne rate jamais une occasion pour prendre l’air ou le large! À 85 ans, elle possède toujours sa voiture et elle ne compte plus le nombre de kilomètres parcourus pour visiter famille et amis ou tout simplement, pour s’évader. Elle a une conduite exemplaire, des réflexes aiguisés.

Femme curieuse et informée, c’est à l’âge de 77 ans qu’elle a obtenu un BAC par cumul à l’Université. Ayant mis en priorité ses enfants, elle a dû remettre à plus tard ses études. Impressionnant, lors des trois derniers cours et de la remise des diplômes, de voir cette dame âgée et fière à travers une foules de jeunes d’une autre génération!

Femme battante, elle a fait face à un cancer dans les années 80. Sa force de caractère, sa volonté de vaincre, mêlées à des soins médicaux de qualité on eut raison de cette tuile dont maman en avait fait son projet.

Femme amoureuse, elle a choisi aussi de faire un projet dans l’accompagnement de son époux ayant reçu un diagnostic d’Alzheimer en 2004. Ne se laissant pas abattre, ils ont formé un solide duo pour d’abord accepter la maladie et adapter leur vie à cette nouvelle réalité, en faire un projet comme elle le disait à qui voulait l’entendre. Papa a eu le privilège de rester à la maison auprès de sa chère épouse jusqu’à son dernier souffle.

Maintenant, elle vit dans une résidence pour aîné.es. Son choix! Femme engagée, maman sait à merveille remplir ses journées! Impliquée dans le comité des résidents où elle demeure, étudiante dans un cours d’anglais, de création littéraire, membre d’une chorale, d’un club espagnol, fidèle marcheuse pour garder la forme, participante à des multiples réunions: de proches aidants (proches aimants comme elle les nomme si bien), d’endeuillés, de femmes vivant avec le cancer, ouf! Il lui reste même du temps pour entretenir de belles amitiés! Elle en côtoie des gens et tous s’entendent pour dire qu’elle est une femme d’exception! Son énergie, son dynamisme sont remarquables; elle fait grand bien au coeur par sa simple présence.

Femme fougueuse, pétillante, fonceuse, femme d’actualité, maman laisse sa trace partout où elle passe. Féministe assumée, très ouverte d’esprit, elle a participé à la création des syndicats afin d’assurer aux femmes enseignantes de l’époque des années 50, un salaire équivalent à ceux des hommes. La justice sociale et l’égalité entre les sexes l’auront allumée, n’hésitant pas à prendre parole pour donner son opinion juste et réfléchie.

Comme vous pouvez le constater, Françoise épate par sa vie riche de relations et d’expériences! Il n’y a pas de limite à son désir de faire de nouvelles découvertes, de nouvelles rencontres. Elle sait aussi se ressourcer afin de recharger ses batteries. Bien qu’elle soit une femme très sociable, elle a une vie intérieure précieuse où elle puise force et courage, calme et sérénité. Elle s’abreuve à la bonne source afin de nourrir ses relations avec les autres.

Croyez-moi, cette grande dame au coeur tendre gagne à être connue! Je crois sincèrement qu’elle est une source d’inspiration pour tous ceux et celles qui la croisent. Maman est un modèle de femme forte, déterminée, aimante, dévouée, active, audacieuse, résiliente, elle est si belle et impressionnante à voir aller! Elle est un vrai modèle inspirant! »


Lina (présentée par France)
« Avoir une attitude positive et la mettre en pratique tout au long de sa vie »

« C’est avec plaisir que je vais partager avec vous ma grande découverte! Un modèle de femme aînée qui démontre que malgré l’âge, elle continue non seulement de vivre heureuse mais aussi, de s’épanouir.

J’ai eu le privilège de connaître Madame Lili (surnom de Mme Lina) lors d’un voyage organisé en Italie et c’est un pur bonheur pour moi de vous soumettre sa candidature comme un modèle dont émane une grande source d’inspiration.

J’ai rapidement remarqué cette dame, âgée de 82 ans, par son enthousiasme, sa forme physique et par sa capacité à suivre le groupe lors des escapades dans les différentes villes de la Côte Amalfitaine. Sa bonne humeur, sa facilité à côtoyer les gens et son attitude positive faisaient en sorte qu’elle attirait l’attention. Le groupe dans lequel nous faisions partie, remarquait son dynamisme et son énergie à travers son attitude positive. Les grandes visites organisées pour explorer différentes villes exigeaient quand même une forme physique et madame Lili suivait le groupe sans dire un mot. Elle ne se plaignait jamais, au contraire, elle était toujours émerveillée lorsqu’elle découvrait l’environnement et l’histoire de chacune des villes. Chaque jour, dès le matin au petit déjeuner, sa bonne humeur était déjà présente et l’enthousiasme qu’elle démontrait juste à penser aux visites de la journée la rendait rayonnante. Que ce soit, Capri, Pompéi ou Rome, peu importe la ville historique elle avait ce feu sacré du bonheur qui est : de vivre son moment présent.

SON SECRET:

Un jour, je lui ai posé la question à savoir d’où venait cette attitude positive et elle me répondit de son père. Celui-ci lui avait transmis ce secret de toujours conserver cette attitude positive et de la mettre en pratique tout au long de sa vie. Aujourd’hui, ce cadeau transmis par son père, continue de lui apporter de grandes joies et lui fait tant apprécier les petits bonheurs de la vie. À la fin du voyage, Madame Lili était devenue une vedette et tout le monde lui demandait qu’elle était SON SECRET…

Malgré certains petits problèmes de santé, elle n’en parle jamais. Ce qui m’amène à soulever une autre de ses grandes forces, sa grande persévérance. Cette force lui a permis de relever plusieurs défis de santé.

Madame Lili est admirable et mérite d’être reconnue comme une « Femme aînée inspirante » qui démontre que le bonheur n’a pas d’âge! Les aînés en manque de modèle sauront retrouver un bel espoir en découvrant cette personne exceptionnelle.

Merci Madame Lina (Madame Lili pour les amies) d’avoir croisé mon chemin ! »


Roger (présenté par Nathalie)
« Les changements de la vie et la résilience »

« Je vous présente mon père né en 1943. Il est une source de force, de persévérance et de résilience. Né à la Reine en Abitibi-Ouest, il est le 5e de 7 enfants. Une de ses soeurs est décédée à l’âge de 6 mois en 1947. Ce fût la première perte. Puis, sa famille s’est bien portée jusqu’au milieu des années 50. Sa mère est tombée malade et a été hospitalisée. Les enfants ont été placés chez des tantes et oncles. En 1959, une autre de ses soeurs est décédée, noyée avec la tante et l’oncle qui la gardait. Puis, en 1960, c’est la maman qui est partie. Mon père avait alors 17 ans. La vie a changé. Il a aidé et a travaillé.

Dans la vingtaine, il a rencontré ma mère et ils se marient. Trois enfants sont nés de cette union. Ma soeur et mon frère ont eu beaucoup de rendez-vous dans les hôpitaux. L’inquiétude pour les enfants a débuté à ce moment. C’est avec son père qu’il a construit la maison dans laquelle me mère vit toujours. Mais pas lui car, dans les années 90, mes parents ont divorcé. La vie a changé. Il s’est personnellement reconstruit et a retrouvé une maison à son image, une maison à la campagne.

Mon père a travaillé beaucoup, très fort, pour une compagnie forestière, une scierie, jusqu’à un dernier accident de travail qui aurait pu lui être fatal. C’était en 1985. La vie a changé. Il a perdu sa vie d’avant. Il n’a jamais retravaillé. De l’homme très actif et impliqué dans la communauté, il s’est retrouvé bredouille avec la douleur physique, sans occupation. Il a été très présent pour sa famille, toujours à s’occuper de la maison, des rénovations, tout comme au chalet que notre famille a possédé durant 20 ans. Il a aussi été très impliqué pour le club de ski de fond, le golf, le curling, la commission des loisirs de ville. Mais ça c’était avant que sa vie change.

1988 fût l’année du décès de son père, encore une autre perte. Il a été avec lui jusqu’à la fin. Une fois de plus, la vie devait changer.

Puis, il y a eu des années plus tranquilles, plus douces. Il s’est installé dans sa nouvelle maison. Il y a placé un jardin où poussent patates, fèves, tomates, concombres, maïs, pois poivrons (petite parenthèse, il mange des oignons à tous les jours et 20 gros pots de miel biologique par année !) et… tabac! Ha oui, le tabac car mon père fume la pipe depuis maintenant 64 ans et il va l’avoir jusque dans son lit de mort. Son surnom « Roger la pipe ». Mais pour nous, c’est « grand-papa les poules ». Dans le fond de sa cour, il y a le poulailler avec ses poules, ses canards et ses oies. Il y a aussi un étang avec une petite île et une petite maisonnette pour les canards. C’est lui qui nous apporte nos oeufs. Et, derrière tout ça, il y a la terre avec les arbres que mon père utilisent pour chauffer sa maison. Depuis 30 ans, il a une copine. Ils ont chacun leur demeure mais ils s’entendent bien comme ça. Ils comptent l’un sur l’autre, se côtoient, se voisinent, se rendent visite. Le dimanche, c’est le restaurant pour le souper.

Son lieu d’origine, La Reine, il le porte sur son coeur. Dans le rang où il a vécu avec son père, sa mère, ses soeurs et ses frères, il voit à ce que la croix des chemins perdure dans le temps. Il s’occupe aussi des monument familiaux au cimetière du village.

Voilà qu’après s’être replacé, le cancer s’est présenté à lui en 2021. Après un an et demi de rendez-vous, traitements, médicaments et six semaines de radiothérapie loin de chez lui, il va mieux. Mais nous savons tous que c’est un combat avec des secrets. Il doit avoir des suivis car des petites surprises font surface. Le cancer, ça change des vies. Dernièrement, en février 2023, il a eu une chirurgie à un genou. Un gros mois hors de chez lui. Pour aider à l’aventure, à son arrivée au centre de réhabilitation, il a attrapé une grosse gastro-entérite. Il a dit qu’il n’avait jamais été aussi malade dans sa vie. Pourtant !!! il a eu la bactérie mangeuse de chair, la C.difficile, des pierres pour lesquelles il a eu 3 chirurgies à Montréal, opéré pour le foie et trois fois pour des hernies… et très bientôt, c’est l’autre genou qui sera remplacé car, dans la vie, il y a des choses qui se remplacent.

Oui il y a eu des colère, des déceptions, des larmes, des échecs, des erreurs. Mais, à travers tout ça, qu’est-ce qui rend mon père heureux ? Eh bien, tout ! Tout ce qui l’entoure, tout ce qu’il voit, tout ce qu’il donne ou reçoit, tout ce qui a fait partie de sa vie et qui viendra, les spectacles (il réserve le même siège depuis toujours!), les blagues, sa pipe! Mon père apprécie la simplicité, la zénitude et sa famille.

Mon père n’a pas de secret pour son bonheur ou pour vivre épanoui, ni pour vivre vieux. Mais, il a un conseil : « Vivez aujourd’hui car demain, il sera peut-être trop tard. Profitez de cette journée, de chaque journée que la vie vous donne. Je ne suis pas un modèle, nous sommes, vous êtes tous des modèles. »

Lorsqu’il sera parti, une phrase me restera: « Fille ça va bien, ça va bien aller, il y a pire dans la vie. »


Monique (présentée par Mylène)
« L’amour, l’abnégation et la passion »

J’aimerais rendre hommage a ma belle-mère par alliance depuis 43 ans.

Cette femme que j’ ai appris à connaître tout au long de ces nombreuses années, m’a vue évoluer et m’a fait grandir en tant que fille, femme et mère. Durant cette période, j’ai appris beaucoup de choses sur sa vie, qui n’a pas toujours été facile. Elle a grandit avec un père mourant et un beau-père devenu handicapé. Elle a perdu son frère et sa mère dans la même semaine.

Elle est devenue professeure et était très appréciée. Cette femme, d’une grande beauté naturelle, a trouvé mari qui était tout pour elle. Nouvellement mariée, elle a même décidé de quitter son appartement neuf pour aller vivre chez la famille de son mari et ce, durant 9 années. Un peu comment Cendrillon; elle a quitté son poste de professeure et a vaqué aux corvées de la famille en plus de voir à l’éducation de ses trois enfants ( 3 garçons) dont un était grandement malade.

Durant cette période elle a cuisiné, fait le ménage et éduqué ses enfants et pour subvenir aux besoins de la famille, son mari travaillait de nuit…pas facile le jour de pas faire de bruit!!!. Mais elle a réussi, elle a de très bons garçons et un mari malheureusement décédé trop tôt qu’elle chérissait.

Mais ce qui m’a envoûté chez cette femme c’est son amour pour son mari, ses enfants, petits-enfants…… et même les brus qu’elle traite comme ses propres filles.

Elle est toujours souriante, ricaneuse et adore jouer à des jeux, aux cartes et longtemps au bowling et même la danse. Incroyable, c’est qu’elle gagne tout le temps!!!

Plus tard, elle a quitté la belle-famille pour continuer d’élever sa famille dans autre logis et finalement dans sa propre maison. Un budget fait d’enveloppes pour chacune des catégories de dépenses ! Elle reprisait les vêtements de un pour les passer à l’autre. Et toutes ces recettes qu’elle concoctait avec les restes.

J’ai connu mon mari, son fils, parce qu’ils louaient un chalet juste en face de notre maison. Grâce au budget tenu serré par belle-maman !! J’ai été frappé par ce grand amour familial. Elle m’a montré à tricoter, à faire à manger, surtout les desserts et ses petites recettes bien à elle. Femme de conviction, très indépendante, elle s’occupait de sa famille malgré le peu de temps qu’elle avait , car elle avait recommencé à enseigner après que le petit dernier ait commencé l’école. On dirait qu’elle courait tout le temps; pour aider les autres, la famille, pour faire les repas, le ménage, les voyages en couple, en famille, ou entre amis et court pour aller au Casino… cela beaucoup plus tard ha ! ha !

Depuis 2018 elle a emménagé dans une RPA, elle a partagé son énergie avec tous. Elle a créé un comité des résidents. Elle s’occupe de faire changer les menus des repas, car ce n’est pas parce qu’on vieillit qu’on n’a pas de goût! Mais surtout elle s’occupe du comité social avec la récréologue. Cela inclut, entre autres, les décors pour chaque occasion, le bridge, le bingo, la pétanque, le jardinage, etc.. C’est même elle qui choisit les films qui sont présentés !!! Elle s’est fait beaucoup d’amis et amies. Et elle qui n’avait jamais pris un verre, aime bien maintenant siroter un petit verre de vin, ou une bière bien froide, avec ses ami(e)s sur son balcon. En regardant les jeunes jouer au baseball !!

Elle est encore toute pimpante et coquette, elle ne refuse jamais une invitation. Elle nous raccroche au nez car elle a toujours quelqu’un à sa porte ou sur une autre ligne. Même avec une santé fragile, stimulateur cardiaque et déambulateur en prime, elle s’occupe et soigne ses copines. Elle s’assure surtout de parler et de revendiquer pour eux quand cela ne va pas. Elle prend même des cours de Ipad, elle nous fait nos transferts Interac pour nos fêtes; pas pire pour 88 ans!!!

Je pourrais continuer encore longtemps, mais ce qui m’impressionne c’est que nous, les femmes de notre génération (avec toute cette technologie qui nous facilite la vie ) nous nous plaignons constamment que nous sommes fatiguées. Je suis un peu gênée quand je la reçois, car je veux que tout soit parfait, comme chez elle quand elle nous recevait. Et encore aujourd’hui dans son appartement toujours impeccable!

Un soir de souper en famille je lui ai dit que ce n’était pas pareil dans leur temps, que c’était plus facile et qu’il y avait moins de stress. Juste par son regard je me suis rendue compte que je venais presque de l’insulter ! Elle a vécu une vie pleine d’amour, d’abnégation et de passion. Alors je me suis dit que c’est peut-être elle qui a raison; pas le temps de se plaindre ,il faut vivre à fond chaque moment. Comme elle le dit: « Je me reposerai dans ma tombe… »

Je crains le moment où elle nous quittera……. Je lui souhaite donc encore une longue vie!!!


Yolande (présentée par Lucie)
« Il n’y a pas d’âge pour se trouver une passion »

« J’aimerais vous présenter une femme qui pour moi est tellement importante et qui est un pilier pour notre famille un exemple qui nous garde forts et à l’abri de la démoralisation. Son histoire n’est peut-être pas une histoire extraordinaire ou sensationnelle, mais son histoire est la force d’une femme déterminée qui ne s’apitoie pas sur son sort. C’est l’histoire d’une femme qui avance dans la vie avec assurance et en confiance car peu importe ce qu’il arrive, on doit le traverser puisqu’après la pluie vient le beau temps.

Née en 1938 (84 ans), elle est la fille aînée de 8 enfants avec une mère souvent malade et un père qui travaille sur les tramways 6 jours sur 7. Alors elle doit prendre beaucoup de responsabilités très tôt dans son enfance. Aide à la cuisine, s’occupe de ses frères et soeurs, doit rester à la maison au lieu d’aller à l’école car sa mère a besoin d’elle pour les tâches ménagères. Même si elle adore l’école et qu’elle réussi, bien elle doit aller travailler pour aider ses parents à boucler les fins de mois.

Elle se marie simplement et décide avec son mari qu’elle ira travailler aussi pour avoir plus d’argent et acheter une maison. Quand sa mère apprend cela, elle la menace d’appeler la DPJ si elle fait garder sa fille pour aller travailler, car c’était très mal vu a l’époque pour la femme de travailler. Malgré la menace, elle va travailler dans des usines de cigarettes et de produits de beauté. Des journées très exigeantes et épuisantes; heureusement elle a une énergie spectaculaire et une façon de convaincre mon père qu’à 2 on forme une bonne équipe… il embarque avec elle et aide aux tâches ménagères.

Dans ces années, les emplois ne protègent pas la femme, aussitôt que tu te mariais ou que tu étais enceinte, tu perdais ton emploi; elle doit se cacher et mentir pour pouvoir garder son emploi le plus tard possible. Determinée et jamais découragée, elle sait qu’en travaillant fort et sans relâche, elle arrivera à ses fins.

Elle perdra un frère noyé a 16 ans et son père à 42 ans. Elle deviendra la femme forte de la famille, celle qui s’occupe et organise les party pour rassembler. Plusieurs autres épreuves arriveront mais elle les a toujours traversées sans jamais baisser les bras.

Elle a plusieurs amis(es) qu’elle côtoient encore; elle organise des party et s’amuse au gré de la vie. Car pour elle, les amis sont essentiel à un équilibre de vie. Bien qu’elle s’occupe de sa famille pour que personne ne manque de rien; temps supplémentaires quant il le faut, beaucoup de temps pour aider ses filles qui ont elle aussi eu 6 enfants. Yolande est présente et aidante aussitôt que nous lui demandons.

Elle prend une retraite à 60 ans mais une retraite ne veux pas dire arrêter de travailler, bien sur que non! C’est le début d’une nouvelle aventure.

Elle déménage à Entrelac, un petit village dans Lanaudière et cherche qu’est-ce qu’elle pourrait bien faire pour remplir ses journées. Voila, elle a trouvé…. Les tisserands d’Entrelac! Elle décide de prendre des cours de métier a tisser. Une passion est arrivée dans sa vie à 60 ans; voila maintenant 24 ans qu’elle tisse , elle a appris et maintenant donne des cours même si à 74 ans elle a quitté Entrelac pour venir vivre avec mon père dans une intergénération avec nous à Mirabel. Chaque semaine, ou presque, elle fait 2 heures de voiture pour aller aider les femme de ce village à apprendre le métier à tisser. Bien sûr, elle a un métier chez elle et elle en fait presque tous les jours même si elle doit s’occuper de mon père qui fait de l’insuffisance cardiaque à 86 ans. Elle l’amène a tous ses rendez-vous, que ce soit à st-Jérôme ou Montréal car, comme elle me dit souvent « Je suis capable ».

Elle répète souvent:  « je n’ai pas 84 ans, dans ma tête je vais bien et tant que je serai en forme, j’avancerai et je n’arrêterai pas ». Je crois sincèrement que de ne pas trop s’en faire et d’avancer en se disant que quand il y a un nuage, le vent le soufflera et le soleil reviendra. C’est ça qui la fait passer à travers cette vie avec autant d’aplomb et de détermination. Pour moi la Lumière c’est ma YoYo. »


Christianne (présenté par elle-même)
« Sortir plus forte des épreuves de la vie »

« J’ai 76 ans et j’ai perdu la vision de l’oeil droit en septembre 2018, donc à l’âge de 71 ans. Cela m’est arrivé d’un coup, dans la nuit, à la suite d’une période de 6 mois d’inflammation dans tout le corps. À ma grande surprise, je n’ai pas eu une once d’émotion.

J’ai d’abord cru, au réveil, que ma paupière était collée, puis en allant dans la salle de bains, j’ai vu que l’oeil était ouvert, mais qu’il ne voyait plus. J’ai alors décidé d’aller à l’urgence de l’hôpital le plus près de chez moi. Le médecin qui m’a reçue, a immédiatement diagnostiqué «la maladie» qui a causé cette absence de vision et pour laquelle je suis suivie presque mensuellement depuis. J’ai été, pour la première fois de ma vie, hospitalisée pendant 9 jours.

Je suis sortie de l’hôpital avec le sentiment que je venais de vivre une grande initiation. À moi de comprendre et d’intégrer ce que j’avais vécu, avec le sentiment de ma responsabilité pleine et entière. Je n’étais victime de rien ni de personne. J’ai décidé que cette expérience allait me renforcer et servir de témoignage pour inspirer du courage à d’autres personnes autour de moi.

À 71 ans, il est possible de transformer sa vie et de l’aimer.

J’ai mis le mot maladie entre guillemets parce que je pense depuis très longtemps que je suis en parfaite santé, avec des symptômes évolutifs que j’ai à considérer, lorsque je vis une disharmonie au niveau de la santé. Ce ne sont, pour moi, que des symptômes qui me signifient que quelque chose ne va pas dans ma vie.

En 1982, j’ai entamé une démarche intérieure dans le but de me connaître profondément et de comprendre mes souffrances, alors que j’avais tout pour être heureuse. Je sentais que plus j’avançais sur ce chemin, plus je pouvais me rapprocher des autres, mieux les connaître et mieux connaître et apprécier La Vie.

Si j’ose vous écrire pour témoigner de ma vieillesse heureuse, c’est parce que depuis cet épisode, où j’ai dû changer ma façon de vivre et de voir la vie, la Joie de vivre m’habite, le calme et la sérénité aussi.

J’accepte mes limites. J’apprends à m’aimer et à me respecter davantage. Oh, bien sûr je traverse des épreuves qui, parfois font chanceler ma Foi et ma sérénité, mais ça ne dure jamais bien longtemps.

Je ne prenais aucun médicament avant 71 ans.

L’acceptation de ces nouveaux remèdes et de leurs effets secondaires a été tout un défi pour moi. Lorsque j’en avais besoin, je me soignais par la naturopathie, l’homéopathie, la médecine énergétique, l’alimentation, la recherche du sens de ce que je vivais alors. Et j’étais en bonne santé.

Alors, pourquoi j’ai perdu la vision de l’oeil droit ? Comme je l’ai écrit plus tôt, ce fut une expérience initiatique. J’avais besoin de changer ma façon d’être dans mon quotidien et avec les autres, ma façon d’aimer, ma façon d’accepter d’être aimée, mon regard sur La Vie, mon travail. Je travaillais depuis 39 ans dans une crêperie bretonne, comme serveuse, puis comme gérante de salle. J’ai dû arrêter de pratiquer cette occupation. Grâce à ma quête d’authenticité, de sens, de vérité, j’ai développé des capacités d’écoute, d’empathie, de compréhension, vis-à-vis des difficultés des autres.

Je ne pouvais pas rester sans rien faire. Une de mes amies, de vingt ans plus jeune que moi, m’a alors suggéré de faire une formation pour être « Accompagnante de fin de vie ». Ce que j’ai fait et un an plus tard, j’avais mon diplôme avec une note de 94 sur 100.

Vous dites que pour rester jeune il faut apprendre. C’est vrai ! J’ajoute que d’avoir des amis plus jeunes que soi aide aussi beaucoup. Mon plus jeune ami est le fils de mon ancien patron. Il a 29 ans. Nous sommes sur la même longueur d’onde quant à notre regard sur la vie. Il vit en Nouvelle-Zélande. Mon amie la plus âgée a 86 ans. Elle est en quête de vérité elle aussi et vit à Québec.

J’habite seule. Je ne me suis jamais mariée, je n’ai pas d’enfant et ma famille vit en France. Au fil des ans, mes amis sont devenus ma famille bien que je sois en contact quotidien avec mon frère et ma belle-soeur que j’aime profondément et qui viendront me rendre visite cet automne.

J’ai suivi l’appel de mon âme pour cette émigration au Québec il y a 52 ans et je ne l’ai jamais regretté.

Un Fil d’Or guide mes pas : une grande Foi en La Vie, une joie de vivre réelle et bien ancrée dans cette époque et le désir d’apporter de l’Espérance à ceux que je côtoie. »


Jacques (présenté par Louise)
« Vivre le moment présent »

« Vous cherchez des modèles de personnes qui vieillissent bien et sont un modèle ? Alors, laissez-moi vous présenter une personne bien spéciale !

Nous sommes chanceux, nous avons cette personne dans notre famille. On le surnomme « notre petit bonhomme Energizer », de son vrai nom, Jacques !

J’ai rencontré cet homme il y a 4 ans sur le site Réseau-Contact et depuis, il est devenu mon amoureux. Nous n’habitons pas ensemble mais on partage nos fins de semaine. Pour nous, c’est le meilleur des 2 mondes. Il est un très bon cuisinier… plusieurs spécialités dont: boeuf bourguignon, sauce à spaghetti, côtes levées; il fait même son ketchup, ses betteraves et ses confitures.

Jacques est retraité de Air Canada depuis 23 ans, il était balancier d’avions. Dans sa vie il a conduit: taxis, autobus et a été pilote de brousse. Il est un conducteur exceptionnel et s’oriente très bien. Il parle couramment 3 langues: le français, l’anglais et l’espagnol. Il a eu la chance de beaucoup voyager: Cancun en novembre dernier et cette année, une croisière dans les Caraïbes.

C’est une personne active en tout temps. L’hiver il fait de la marche et fait le montage d’avions miniatures avec beaucoup de dextérité. L’été, la marche et le vélo électrique de 3 à 4 fois par semaine (moyenne de 50 km). La vie est belle en vélo… du pur bonheur!

Il est très fier de sa personne, toujours impeccable… même son véhicule est à son image !

C’est mon aidant naturel !

Il y a 4 ans, on m’a diagnostiqué un cancer de la moëlle osseuse et Jacques m’apporte son aide, son réconfort, son amour ! Avoir cet homme dans ma vie me donne toute l’énergie nécessaire pour faire face à la maladie, de rester positive et de garder le moral. Notre devise : « Vivre le moment présent, intensément »!

Bref, c’est un homme généreux, jovial, chaleureux, aimant… une très bonne personne, une vraie denrée rare ! Son secret : Aimer la vie, aimer les gens ! Vieillir et être heureux, oui c’est possible et moi je suis heureuse d’avoir cet homme dans ma vie. »


Rita (présentée par Ginette)
« Le don de soi »

« Voici une petite histoire pour une dame de grand coeur qui a fait beaucoup pour plusieurs humains autour d’elle.

C’est l’histoire d’une belle-maman exceptionnelle de 85 ans. Elle s’appelle Rita. Elle est née dans un petit village nommé St-Paul de Chester près de Victoriaville. Toute jeune elle avait déjà du caractère qu’on pourrait dire ‘déterminée’ (le mot est faible). Elle voulait devenir infirmière, un travail dans lequel elle pourrait s’épanouir. Mais malheureusement à l’époque les femmes étaient bonnes pour avoir des bébés ou faire du ménage dans les maisons.

Tout compte fait, elle est devenue enseignante…dans un rang. À l’âge de 19 ans, elle eut mon conjoint et se maria. Par la suite, elle mettait au monde 3 autres garçons. Au début des années 80, elle reprenait son nom de jeune fille. Elle avait comme on pourrait dire le féminisme en elle, haha ha. Jusqu’ici rien de palpitant…mais voilà la suite…

Autour de l’âge de 30 ans, elle décida de faire des études universitaires pour devenir orthopédagogue. Il faut savoir qu’elle avait 4 garçons et la maison était toujours remplie à héberger des nièces aux études (ici en banlieue de Montréal). Donc, de jour elle enseignait, le soir elle étudiait et bien sûr faisait les repas et autres tâches au travers tout cela. Cette femme a travaillé pour envoyer ses 4 enfants au collège privé et ensuite à l’université. Ses
paies y passaient. Étant en orthopédagogie, elle ciblait les blocages d’apprentissage des enfants dans leur parcours
scolaires. Elle les aidait à dépasser leurs difficultés rencontrées. Elle croyait en la philosophie de Piaget et donnait quelques conférences ici et là pour initier de nouvelles façons de faire à des professeurs. Elle avait développé une expertise qu’elle pouvait et voulait faire profiter à d’autres enseignants.

Ensuite, est venue au monde ma fille, Marie-Ève qui aura bientôt 30 ans. Je ne savais pas la chance que j’avais d’avoir une belle-maman avec un aussi grand coeur et en plus en bonus orthopédagogue. Dans l’angoisse que j’avais de laisser ma fille en garderie, ma belle-mère décida de prendre sa retraite comme enseignante spécialisée en orthopédagogie pour venir garder ma fille chaque matin à 6h15. Je n’avais aucune conscience de toutes les connaissances que ma belle-maman possédait. Mais tout ce qu’elle avait appris, exemple : motricité fine, faire passer ma fille sous une chaise pour développer son environnement spatial et tous les concepts pour le développement de ma fille, ma belle-maman le mettait en pratique avec ma fille. C’est donc que ma fille a pu profiter des connaissances pour son développement en plus d’avoir tout l’amour d’une grand-maman. Pouvez-vous imaginer une belle maman donnant l’amour et certains apprentissages académiques dont je n’avais aucunement connaissance. J’étais totalement en confiance.

Par la suite, ma fille commença l’école, alors ma belle-maman décida de s’ouvrir une clinique en orthopédagogie pour aider et soutenir les enfants en difficulté dans le quartier et continua à garder ma fille au travers tout cela. Elle garda ma fille pendant environ 10 ans. Aujourd’hui ma fille est médecin de famille et aussi pratique dans une clinique pour enfants. Ma belle maman a contribué au développement de ma fille afin qu’elle puisse aujourd’hui à son tour aider des familles et enfants qui ont besoin de soins en santé.

Mais ce qui est le plus extraordinaire de ma belle-maman c’est que c’est une personne battante, qui aime la vie malgré tous ses aléas. Elle a suivi pleins de cours pour toujours se développer. À 85 ans, elle va marcher chaque jour. Encore aujourd’hui elle s’exprime et met des mots sur ses émotions. C’est formidable. Elle a eu une vie de donation d’elle-même à tous les niveaux et pour moi c’est vraiment admirable. Elle a su utiliser son intelligence à bon escient dans son environnement tout en s’épanouissant elle-même… je l’espère.

Je suis infiniment reconnaissante envers ma belle-maman et l’admire grandement car elle est une personne de dévouement et d’accomplissement. C’est une ainée exceptionnelle. Quelle chance qu’il y ait de si bonnes personnes inspirantes sur cette terre. »


Micheline (présentée par Joël)
« Affronter ses peurs »

« Ma mère Micheline est pour moi un véritable modèle de courage, de résilience et de joie de vivre. Mais, commençons par le commencement…

À l’âge de 16 ans, ma mère a déjà côtoyé la mort à plusieurs reprises; elle sait ce que c’est de perdre des êtres aimés. Le départ subit et tragique de son père, sa soeur et son frère, ont laissé un grand vide dans le coeur de cette jeune fille. Toute sa vie, ma mère cherchera à honorer la vie pour guérir ses blessures laissées par la mort. Ma grand-mère Simone sera donc un modèle de courage pour ma mère car à cette époque, on doit absolument étouffer ce genre de drame pour poursuivre son chemin. Ma grand-mère tiendra donc seule le phare du magasin général et continuera d’élever ses cinq enfants. À 17 ans, Micheline rencontre mon père et c’est le grand amour ! Elle donne, la même année, vie à ma soeur et 2 ans plus tard, j’arrive dans le portrait! Lorsque ma mère parle de ses enfants elle dit : « Avoir deux enfants à 19 ans m’a ouvert les ailes. J’avais le don de porter la vie en moi, quel miracle! »

À l’âge de 30 ans, ma mère a la famille dont elle a toujours rêvé : quatre enfants et la liberté d’habiter sur une ferme. À l’âge de 40 ans, mes parents un peu nomades, quittent tout pour partir aux États-Unis; le rêve ultime de mon père! Malgré la grande douleur pour Mimi de quitter ses deux plus grands (ma soeur et moi) elle va tout recommencer et se créer une nouvelle vie au Connecticut. Quel courage et surtout, quelle soif de vivre! J’entends encore ma mère me répéter à haute voix, à quelques jours du départ pour cette nouvelle vie: « Mon ange gardien est en charge et moi j’ai la foi de croire sans voir! » Elle avait raison de l’invoquer car, mes parents ne parlaient pas anglais et ils étaient illégaux en plus. Mais, la foi déplace des montagne dit-on et en cinq ans, mes parents gagnent bien leur vie et grâce à un concours lancé par le gouvernement américain, ils gagnent leur citoyenneté américaine!

À 50 ans, d’un commun accord et dans l’harmonie, mes parents se séparent. Dans le même souffle, ma grand-mère Simone devient malade et ma mère quitte les États-Unis pour prendre soin de sa mère et affronter ce qui lui fait encore très peur: la mort. C’est là que nous commencerons un cheminement exceptionnel ma mère et moi; celui d’accompagner une personne tellement chère à nos yeux, vers la mort. J’ai vu ma mère lutter contre ses démons, faire face à ses plus grandes blessures sans jamais y renoncer.

À 58 ans, je demande à ma mère de m’accompagner pour aller chercher mon fils en Chine. Elle sera à fois enseignante pour moi et réconfortante pour mon fils. La relation magique qui  existait entre ma grand-mère, ma mère et moi est maintenant recréée entre ma mère, mon fils et moi.

Âgée maintenant de 77 ans, ma mère est végétarienne depuis des décennies et impliquée dans sa santé et celle de la planète. Elle ne laisse aucune peur prendre le dessus sur sa vie et sur l’amour. Elle se rend seule en voiture au Connecticut une dizaine de fois par année pour aller voir mes frères et ma soeur. Elle travaille toujours comme nounou en prenant soin d’enfants aux besoins particuliers. Elle a fait le chemin de Compostelle plusieurs fois, elle est allée au Nouveau Mexique pour rencontrer des chamans et vaincre sa peur du feu (le magasin général de son enfance a été la proie des flammes deux fois plutôt qu’une). Je dirais que ma mère est la « gourou » officielle de sa très large communauté d’amis.

En résumé, Mimi répand la vie autour d’elle comme pas une. Elle a su transformer ses peurs d’abandon et d’injustice en une infinie envie de vivre. De cette façon, elle enseigne ce qu’est le bonheur à tous ceux qui l’entourent. Mimi c’est ma mère, mais c’est aussi la mère spirituelle que je partage avec beaucoup d’admiration avec tous ceux qui gravitent autour d’elle. Je l’aime et je suis privilégiée de l’avoir comme mère et modèle. »


Jeannine (présentée par Suzanne)
« Avoir des rêves et des projets »

« Ma mère Jeannine est une femme aimante, forte et travaillante. Elle a 98 ans, reste seule dans sa maison, conduit son auto et fait un petit jardin. Née en 1925, elle s’est mariée en 1947 avec Paul. Elle a eu 9 enfants, 18 petits-enfants et 23 arrière-petits-enfants.

Elle a suivi un cours de secrétariat et a une 9e année. Après son mariage, elle a suivi un cours de photographe professionnel pour assister son mari qui était photographe. Elle est devenue vice-présidente de la commission féminine de sa ville tout en s’occupant de sa marmaille. Pour aider aux revenus de la famille, elle a accepté un poste de téléphoniste de soir à l’hôpital, ce qui l’a amenée à préposée à l’admission, puis archiviste et transcripteur médical et secrétaire de direction de l’hôpital. De plus, elle a suivi un cours en administration hospitalière à l’Université de Montréal pendant 2 ans.

Pendant ce temps, elle a été présidente du syndicat de l’hôpital et a même fait baisser le coût des cotisations, du jamais vu ! Elle rêvait d’avoir un jour un commerce de tissus, ce qu’elle a réalisé tout en continuant son travail à l’hôpital. Elle a créé un emploi.

Elle fut régente des Filles d’Isabelle deux fois et est membre des F.I. de 1964 à aujourd’hui. Elle a écrit : sa biographie, un roman, un livre de recettes et un livre de pensées. Bénévole à la Croix Rouge lors du déraillement du train en 2013. Bénévole à la boutique Familiale comme caissière de 92 à 95 ans. Son seul regret est d’avoir dû refuser un poste au ministère de la Santé à Québec pour une raison familiale. Elle a encore des rêves et des projets qu’elle aimerait mener à bon port. Toujours souriante malgré le deuil d’un époux et de 3 de ses garçons.

Nous l’aimons et vous souhaitons de la connaître un jour !

Une PERLE.

Quand je vois tout ce que maman a accompli, je ne peux que vouloir suivre son exemple. Elle a fait preuve de courage, de ténacité, de présence, d’amour, de générosité de son temps sans oublier qu’elle n’a jamais baissé les bras. Elle est toujours de bons conseils et a atteint une sagesse que je lui envie. »


Yvon (présenté par Monique)
« Une vie et une retraite active »

« Aîné d’une famille de neuf enfants, mon frère Yvon a 81 ans et a un parcours inspirant dans toutes les sphères de sa vie.

Gradué de la Faculté des Sciences de l’agriculture et de l’alimentation de l’Université Laval, il a obtenu un Doctorat de l’Université de la Saskatchewan. Il a aussi obtenu deux certificats, un de l’Université Queen’s et l’autre de l’Université Harvard. Ses travaux l’ont fait reconnaître comme un pionnier de la recherche sur la matière organique des sols et il fut l’un des premiers chercheurs canadiens à valoriser l’agriculture biologique. En 2012, il a reçu un doctorat honorifique de l’Université Laval. Il a travaillé beaucoup à l’international, même après sa retraite.

S’il a si bien réussi sa vie professionnel et s’il est en pleine forme à son âge, c’est qu’il a toujours été un grand sportif. Vous pouvez voir sur la casquette que sa fille lui offerte, un aperçu de ses occupations. L’hiver c’est le ski, l’été c’est le vélo et le golf. L’année dernière, il a fait 7000 km de vélo, 30 journées de ski de fons et a joué 50 parties de golfs.

Il est un modèle inspirant pour ses huit frères et soeurs. Nous voulons lui ressembler et jusqu’à maintenant ça fonctionne puisque nous sommes, comme lui, tous très sportifs. »


Monique (présentée par Chantal)
« Faire la différence »

« Ma mère, Monique, est une femme exceptionnelle. Attention ! Y’a pas que sa fille qui le dit : mes frères, ma soeur, mes belles-soeurs, mon beau-frère, mes tantes, mes oncles, la famille, les cousins, cousines, ses voisins.es, ses ami.es, voire de purs inconnus qu’elle croise dans la rue et à qui elle tente de faire une différence dans leurs journée… Hey oui, je ne connais personne qui n’aime pas Monique !!

Savez-vous quoi ? La première question qu’elle se pose en se levant chaque matin est: « Dans quelle vie je vais faire une différence aujourd’hui ? » C’est ce qui la motive ! Rien ne l’empêchera d’accomplir sa mission quotidienne… même pas le décès de papa en novembre dernier.

J’avoue, on avait tous un peu peur qu’elle s’ennuie et se morfonde après le départ de papa ! Ce qui aurait été tout à fait légitime à 81 ans et après 63 ans de mariage. Mais non; c’est mal connaître sa Monique 🙂 Elle continue d’intervenir, lorsqu’on l’appelle, auprès des mourants au CHSLD du coin et visite régulièrement des personnes âgées pour faire une différence dans leur vie. Elle écoute et aide aussi les intervenants et les proches aidants. Imaginez-vous qu’elle a même accepté d’être célébrante pour un mariage en août dernier à 83 ans !!! « Un autre check sur ma bucket list » dit-elle.

En septembre, maman s’est lancée en affaires… Et ce n’est pas une blague ! Une entreprise mère-fille… Ici, je tiens à souligner que ce n’est pas la fille qui aide la mère mais bien le contraire ! Elle veut m’aider à voir les deux bouts… Un projet extraordinaire qui se veut de réaliser la vidéo d’une vie (ça peut être celle de votre grand-mère, de votre père, d’une personne âgée, malade, en fin de vie…) en rassemblant des photos papiers, des dispos, de vieilles bobines de films 8 mm qui voyageront sur une nuage (Cloud) accessible à qui le désire, en tout temps, à l’hôpital, dans un CHSLD, etc.

« Chantal » me dit-elle : « Pourquoi attendre qu’on meure et que nos proches endeuillés rassemblent, ici et là, des photos de nous (à la dernière minute), pour faire une brève vidéo de nous au salon funéraire ? » Pourquoi on ne lance pas un projet qui, non seulement me tiendrait occupée d’une façon extraordinaire : d’aller vers les gens (ce qu’elle aime le plus au monde), de rassembler avec eux leurs photos, d’écouter leur histoire et d’entendre les musiques qui les font vibrer encore à ce jour. Leur histoire mérite d’être racontée autant, sinon plus, que celle d’une célébrité ! Non ? » « Quel beau cadeau de la vie à se faire et à donner à nos proches ? »

Vous vouliez un modèle, une personne inspirante à souhait ? Je vous la « livre  sur une plateau d’argent : Monique ! »


Madeleine (présentée par Diane)
« Grandir, malgré les défis de la vie  »

« Je prends aujourd’hui la plume pour te rendre hommage toi mon amie, ma chum… ma belle-maman extraordinaire. À l’âge vénérable de 96 ans, tu es un véritable modèle pour nous tous. Ta sagesse ta patience et ta résilience ont façonné la personne que je suis devenue aujourd’hui ainsi que celle de tes enfants et petits-enfants. Il est difficile de décrire à quel point tu es inspirante. Malgré les obstacles que tu as rencontrés tout au long de ta vie, tu as toujours su garder le sourire et persévérer. Ta force intérieure est une source d’admiration pour chacun de nous.

Je suis toujours émue par ta capacité à trouver la beauté dans les petites choses de la vie, même si ta vue et ton ouïe te font défaut. Ta sensibilité aux détails, ta capacité à saisir l’essence des moments partagés et à en apprécier chaque instant sont des traits qui nous enseignent à tous la valeur de la gratitude. Tu es un pilier pour moi et ta famille. Ton amour inconditionnel, ta bienveillance et ta générosité ont créée des liens forts qui nous unissent tous. Les moments passés en ta compagnie sont précieux, car ils nous empreignent de chaleur et de tendresse.
Ta simple présence apaise nos cœurs et nous rappelle l’importance des liens familiaux.

À travers ton expérience de vie, tu nous as transmis des leçons inestimables. Tu as toujours été là pour nous soutenir. Tu as été témoin de tant de changements dans le monde, et ta sagesse nous éclaire sur les valeurs intemporelles qui méritent d’être préservées.

Ta volonté de continuer à apprendre et à grandir, malgré les défis que tu as rencontrés, est une source d’inspiration pour moi et tes enfants. Tu nous as appris à ne jamais cesser de chercher la connaissance et de nourrir notre curiosité. Ton esprit vif et ton désir d’apprendre sont des exemples à suivre pour nous tous. »


Clémence  (présentée par Michel et Danielle)
« Mordre dans la vie »

« Pour ne pas révéler son âge ici, j’écrirai beaucoup plus âgée de 70 ans ! Elle a franchi le cap du 90 ans comme une jeune fille profitant de son excellente santé. Elle habite Drummondville; mère de 5 enfants (4 garçons et 1 fille. Mère au foyer à cette étape de sa vie, elle organise ses passe-temps avec ses enfants mais aussi avec du temps libre pour pratiquer différents sports (tennis, golf, ping pong…) camping, voyage, cours d’espagnol, poterie, cuisine, etc.

Vers 1978, le goût et l’intérêt de se réaliser est important. Un retour aux études et l’ambition de devenir courtière en valeurs mobilières, milieu jugé plus favorable aux hommes, elle gagne sa place. Elle devient la première directrice de succursale au Québec. Ce passage de 1978 à 2002 lui vaut des prix, des titres et des honneurs. Son investissement personnel au sein du milieu des valeurs mobilières, elle est en est très fière. À 70 ans, une retraite pour voyager, découvrir des pays lointains ainsi que d’autres continents. Connaître le monde, faire des rencontres nouvelles, habitudes de vie, tout est enrichissant. Alerte physiquement, elle ne peut et ne veut pas s’ennuyer. Encore compétitive, elle s’inscrit à d’autres défis pour maintenir son équilibre (physique et mental).

Important pour elle d’éloigner la maladie alors: natation, marche, shuffleboard, pétanque, golf. Être à jour tout en étant curieuse, visite des musées et expositions, concerts, opéras, conférences, lecture. Dotée d’une excellente mémoire, elle se joint à des groupes de bridge, piano, scrabble, autant en présentiel que sur sa tablette ou son iPhone. Le journal de ses réussites est incroyable, elle ajoute à chaque jour des activités dans son agenda. Clémence mord dans la vie.

Depuis plus de 20 ans, elle séjourne en Floride l’hiver. Certaine qu’elle ajoute des années à sa joyeuse vie, bien entourée d’amis. Pas de crainte, elle s’accommode et s’amuse avec sa voiture électrique qu’elle conduit depuis 2 ans. Tout pour garder son autonomie, elle évolue à la vitesse grand V. Clémence est une femme rassembleuse, joyeuse, chanceuse de voir grandir sa quatrième génération, connaissant le jour d’anniversaire de tous et toutes, sans oublier un petit message.

Sa feuille de route n’est pas terminée, certaine qu’elle a d’autres chapitres à écrire, d’autres projets pour continuer à vivre pleinement dans la bonne humeur. Femme positive, vivante, ses 90 ans ne lui font pas peur. Nous partageons du bon temps auprès d’elle. Souhaitons-lui encore de merveilleuses années. Merci Clémence ! »


Roland Pierre et Diane
« Cultiver ses différences »

« Il ne se passe pas une journée sans que je ne me demande: « comment est-ce possible ? » Nous sommes tellement différents. J’embellis la réalité, elle considère les faits. Je m’arrête aux éditoriaux, elle consulte les rubriques du Web. Je suis un idéaliste, elle est une existentialiste. Elle remet en question mes points de vue puis me fait confiance dans les décisions importantes. Mon nom est Roland Pierre, j’ai 76 ans, Diane en a 74. Je l’ai connue il y a plus de 50 ans. Nous comptons 49 ans de mariage (décembre 1974). Pas toujours facile, rien de vraiment pénible, pas vraiment raisonnable. Juste un coup de foudre qui perdure depuis le soir où je l’ai rencontrée en ski à Bromont.

Notre couple se donne le droit d’être ordinaire. Nous avons en commun le désir persistant de sentir que nous évoluons. Ayant passé notre vie sur les bancs d’école, nous poursuivons sur cette lancée. À la retraite, Diane s’inscrit d’abord à un DEP en couture et moi, à l’université du 3e âge. Nous sommes tous les deux issus de l’enseignement, une profession que nous avons aimée. Quand l’heure de la retraite a sonné, je n’étais pas prêt. Je ressentais le besoin de mettre la clé à la porte de la maison le matin. Je travaille comme pompiste, je poursuis plus tard dans une fromagerie artisanale. Son cours de couture complété, Diane s’adonne à la peinture sur bois. Elle agrandit son cercle d’amies, ce qui allonge les courses à l’épicerie, De mon côté, je suis une âme solitaire qui aime les gens. Je fais un peu de politique, bénévolement. Elle accepte parfois de m’accompagner dans les soupers officiels. J’instaure un site Web qui meurt au feuilleton avec notre député lors de la deuxième campagne électorale. J’étais impliqué (j’allais dire: évidemment) dans un Parti contraire à ses convictions.

Les petits-enfants naissent. Le temps file. Diane troque sa peinture pour le dessin. Je ne travaille plus. Nous jardinons; je creuse des trous, elle les remplit. J’ameublis la terre, elle la fleurit. L’image touche à la symbolique de notre vie de couple. Nous cultivons nos différences, nous les entretenons. Par chance, notre maison s’élève sur deux étages. À 70 ans, elle suit des cours de dessin. À 72 ans, je prends des leçons de piano classique. En haut, elle dessine, En bas, je pianote. Nous nous retrouvons aux repas et nous nous racontons comme si nous revenions d’un long voyage. J’écris, elle en éprouve, sans trop l’avouer, un peu de fierté. Elle m’encourage, même si elle se bute à mon genre littéraire. Elle ne me lit pas par respect pour mon style. C’est bien. Et moi, j’admire ses talents d’artisane et d’artiste. J’envie ses habiletés manuelles.

Notre couple est ordinaire. Y a-t-il plus merveilleusement banale que la danse en ligne que nous pratiquons pour rester en forme ? Je demeure aérien, elle demeure pragmatique. Nous faisons de nos différences des occasions de choix. Chaque jour, nous nous choisissons. Non pas que les contraires s’attirent. En amour, les lois de la physique ne priment pas. Il y a de la folie. Il y a de l’affection. Il y a la tête déposée sur une épaule. Il y a les massages de pieds. Il y a les regards tendres, les pardons, le thé que je lui apporte. Il y a les non-dits qui feraient de la peine et la franchise de nos opinions. L’amour transcende nos caractères, il a rendu possible l’improbable. Il y a la maison, le jardin, les longues marches en silence, les chagrins partagés. Il y a mes anxiétés de vieillard. Il y a mes os usés, les soins de santé, les tâches qui m’apparaissent de plus en plus lourdes, le ménage, les rénovations en raison de notre âge. Il y a les films d’histoire vraie qui provoquent les taquineries jamais méchantes de nos enfants. Il y a un passé. Il y a un présent. Il y a les cheveux blancs qui commandent le respect.

À défaut d’être un couple modèle, nous sommes un modèle de couple parmi tant d’autres. Nous sommes sensibles aux misères et injustices de notre planète, à tous ces gens pour qui vivre une vie de couple ordinaire est un rêve inaccessible. Il ne se passe pas une journée sans que je ne me dise à quel point nous sommes chanceux d’être un couple ordinaire. »


Côme (présenté par Yolande)
« La famille au centre de la vie »

« Mon papa a 94 ans, il aime toujours la vie. Il continue de voyager en transport adapté, mais aussi en autobus et en train pour visiter sa famille. Dans ses loisirs, il se rend au cours donné par Apple pour mieux utiliser son iPhone et son iPad. Il aime bouger et se tenir en forme. Son parcours est celui d’un homme qui a choisi la voie moyenne avec comme centre de sa vie, la famille. Aujourd’hui, il est toujours notre fierté et un modèle qui font en sorte que nous ne craignons pas de vieillir !

Il nous enseigne, par sa joie de vivre, que chaque instant, chaque souffle de la vie peut nous procurer bonheur et joie. Fils de cultivateur, il a grandi dans une famille de 16 enfants. Au passage de l’âge adulte, il s’installe à Montréal pour y travailler. Il rencontre Claire avec qui il aura 4 filles.

Michel David, dans le tome 1 de La poussière du temps, n’aurait pas pu mieux décrire le quotidien des canadiens français vivant à Montréal à la fin des années 40 et le début des années 50. Alors que j’étais en train de lire ce livre, mon père m’a dit que que ce roman historique décrivait très bien ce qu’il avait vécu à cette époque. Pour faire vivre sa famille, il a exercé plusieurs métiers dont le principal fut conducteur de camion lourd. Il était souvent parti à l’extérieur, mais se faisait un devoir d’être présent les soirs de Noël.

Aujourd’hui, toujours fier et droit, il vit seul dans un condo annexe d’une résidence pour personnes âgées. Il participe aux activités selon ses intérêts, mais comme il aime bien nous le répéter, il est un « sorteux ».

Il est à plusieurs points de vue inspirant, il se plaint rarement, on reste toujours sur l’impression, en le côtoyant, qu’il a encore toute une belle jeunesse en lui. »


Lorraine (présentée par Jacques)
« Suivre ses rêves »

« Ma femme inspiratrice s’appelle Lorraine. Elle a 76 ans. Nous fêterons bientôt nos noces d’orchidée (55 ans). Brillante, elle a commencé l’école à 5 ans et demi et a toujours été première de classe. Issue d’une famille ouvrière, elle a dû abandonner ses études à 15 ans afin d’aider sa famille.

Un matin de l’automne 1962, elle n’est pas allée à l’école, elle a plutôt choisi de se chercher un emploi. La Cie Dominion Corset de Québec venait de se doter d’un système informatique d’envergure. quand elle est entrée dans le bureau du directeur du personnel de cette entreprise, et après avoir passé des tests de mathématiques, de français, etc., elle a été embauchée sur le champ en tant que mécanographe. Elle exercé ce métier pendant une vingtaine d’années dans les fonctions publiques provinciale et fédérale.

Ce n’est qu’à 41 ans qu’elle réalisera son rêve : elle commencera des études en lettres et création littéraire à l’Université Laval. Son grand but dans la vie : écrire un livre!

Nous nous sommes rencontrés et mariés en 1968. C’est elle qui m’a encouragé à postuler un emploi dans la fonction publique fédérale. J’y ai fait carrière pendant 31 ans. Nous avons eu deux enfants, un garçon et une fille. Découvrant la créativité de notre fils, elle l’a poussé à s’inscrire dans un programme de graphisme; notre fille est devenue linguiste, elle aussi stimulée par l’inspiration de sa mère.

Dès l’adolescence, dotée d’une immense curiosité et d’une intuition remarquable, en autodidacte, elle a étudié le Tarot et son histoire, l’astrologie, les mythes féminins, le Yi-King, la psychologie jungienne, l’histoire des femmes et j’en passe! Durant toute notre vie conjugale, elle m’a communiqué son enthousiasme pour l’éveil intérieur, elle m’a aiguillonné vers le meilleur de moi-même. Depuis les années 1990, astrologue, elle a été conférencière et animatrice d’ateliers et a offert des consultations individuelles. Elle a prodigué son soutien spirituel à de nombreuses femmes en détresse. Quelques années avant sa retraite en 2000, elle a enseigné le français langue seconde aux fonctionnaires fédéraux et militaires canadiens.

À sa retraite, elle s’est mise à l’écriture de SON livre. Le Tarot au féminin a été publié en 2002 aux Éditions du Roseau, à Montréal. SON livre est à la fois original, pratique et visionnaire. Ce manuel se veut un outil de connaissance de soi et convie toutes les femmes à emprunter la voie de l’éveil intérieur. Cet ouvrage propose une méthode novatrice, invitant les femmes à apprivoiser toutes les facettes de leur féminité. Le credo de ce livre : Accueillir toutes les femmes en soi. En 2003, une deuxième édition de son livre a été publié chez Québec-Loisirs Québec. Ma femme inspiratrice avait le but de faire publier son livre en France. Objectif réalisé en 2011 aux Éditions Trajectoire, sous un titre légèrement modifié : Tarot, Les clés du Féminin Sacré. À la foire du livre de Francfort en 2011, l’ouvrage de ma femme inspiratrice a suscité éveillé l’intérêt d’une traductrice. En 2013, SON livre a paru sous le titre : TARÔ, As chaves do FEMININO SAGRADO chez Editora Pensamento, Sao Paulo. Et en 2021, une deuxième édition en portugais brésilien a paru sous un nouvel emballage et un nouveau titre, soit : O TARÔ AS CHAVES DO FEMININO SAGRADO. Son livre, un outil d’éveil pour explorer l’âme féminine a déjà vu le jour en cinq éditions !

Encore aujourd’hui, elle se présente aux personnes qu’elle rencontre, animée d’une ferme volonté de les aider à découvrir leurs dons de destinée, à soutenir leur cheminement et parfois même à l’accompagner!

Ma femme inspiratrice est une véritable initiatrice !